Se distraire à en mourir de Neil Postman - Matt Casciano
Se distraire à en mourir de Neil Postman
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Par Matt Casciano
🗓 Publié le 28/01/2021

Orwell craignait ceux qui interdisaient les livres, Huxley redoutait qu’il n’y ai même plus besoin de d’interdire les livres car plus personnes n’aurait envie d’en lire… Orwell craignait qu’on nous cache la vérité, Huxley redoutait sur la vérité soit noyée dans un océan d’insignifiances.

1 – Le média est la métaphore

Las Vegas est la parfaite image de notre civilisation dans laquelle tout les discours publics prennent de plus en plus la forme de divertissements.

A la télévision, l’image prime sur le discours. C’est un mode de communication avant tout visuel.

2 – Média et épistémologie

La télévision est triviale et vraiment dangereuse quand ses aspirations sont les plus élevées, quand elle se présente comme le support de conversation culturellement importantes.

La valeur d’une citation n’est pas la même selon sa source : si elle est écrite, on peut dire que cela a fait l’objet d’une réflexion, de corrections alors que ce qui est dit oralement est plus spontané, moins réfléchi. On cite rarement ce que quelqu’un a dit à l’oral.

La vérité, comme le temps, est un produit d’une conversation que l’homme a avec lui-même à propos et à travers les techniques de communication qu’il a inventées.

3 – L’Amérique typographique

Un problème avec l’écriture : une fois qu’elle est mise en mots et enregistrée, vous vous y sentez lié, il devient plus difficile d’ajuster vos idées plus tard.

Du 17ème siècle à la fin du 19ème, le livre était tout. Il n’y avait ni films à voir, ni radio à écouter, ni exposition photos à regarder, ni disque à passer. Il n’y avait pas de télévision. Toute l’activité publique était canalisée dans le livre et s’exprimait à travers lui : il devint le modèle, la métaphone et la mesure de tout discours.

4 – L’esprit typographique

Aux 18ème et 19ème siècles, la lecture était une activité d’une qualité totalement différente de ce qu’elle est aujourd’hui. Le livre avait le monopole de l’attention car il n’y avait pas d’autre moyen d’accéder aux connaissances.

Dans le monde d’avant la télévision, le nom d’une personne célèbre ferait penser à des idées. Mais dans le monde de la post-télévision, cela amène un visage à l’esprit.

5 – Le monde du “coucou”

Le télégraphe a fait de l’information une marchandise, un “article” susceptible d’être acheté et vendu sans tenir aucun compte de ses utilisations ni de sa signification.

Brûler un livre est considéré comme une forme d’anti-intellectualisme, mais le télégraphe exige que son contenu soit brûlé, il n’est pas censé durer.

Pour de nombreuses personnes, voir et non pas lire est la base de toute croyance.

Un pseudo contexte est une structure inventée pour donner un semblant d’utilisation à des informations fragmentaires et qui n’ont rien à voir avec la vie des gens. […] La seule utilisation qui nous reste de l’information, et qui n’a aucun lien véritable avec nos vies, c’est de s’en servir pour s’amuser.

Nous sommes dans ce que l’on peut appeler un monde de “coucou”. Chaque évènement fait son entrée en scène à toute vitesse et disparaît aussitôt pour céder la place à une autre.

6 – L’âge du show-business

La durée moyenne d’un plan est de 3,5 secondes, si bien que l’oeil ne se repose jamais, il a toujours quelque chose de nouveau à voir.

Le problème n’est pas que la télévision nous offre des divertissements, mais que tous les sujets soient traités sous forme de divertissement, ce qui est une autre affaire.

7 – “Et maintenant… voici”

“Et maintenant… voilà” est couramment employé pendant les informations à la radio et à la télévision pour indiquer que ce que l’on vient juste d’entendre ou de voir n’a pas de rapport avec ce que l’on va entendre ou voir, ni avec quoi que ce soit qu’on puisse jamais entendre ou voir.

Les publicités désamorcent l’importance des nouvelles.

Toute personne saine devrait être abasourdie de voir un journaliste qui vient juste d’annoncer que la guerre nucléaire est inévitable continuant en disant qu’il reviendra juste après une page de publicité pour Burger King.

8 – Du côté de Bethléem

A la télévision la religion, comme tout le reste, est présentée de façon très simple et sans apologie, sous forme de divertissement.

9 – Vendre le président

A quarante ans, un Américain aura vu plus d’un million de publicités à la télévision et il en verra encore plus d’un million avant d’atteindre la retraite.

Les médias jouent un rôle essentiel dans la politique.

On ne nous permet pas de savoir qui est le meilleur président, gouverneur ou sénateur mais quel est celui dont l’image réussit le mieux à apaiser les racines profondes de notre malaise.

Nous, Américains, semblons tout savoir sur les vingt-quatre dernières heures, mais très peu sur les soixante derniers siècles ou les soixante dernières années.

10 – Apprendre en s’amusant

Les 3 commandements à la base de la philosophie de l’éducation que propose la télévision :

  1. Tu n’imposeras pas de condition préalable. Chaque émission de télévision doit constituer un tout en soi. Aucune connaissance préalable ne doit être requise.
  2. Tu n’entraîneras jamais aucune perplexité. Un téléspectateur perplexe est un téléspectateur qui passera sur une autre chaîne.
  3. Tu éviteras l’exposition. Les arguments, les hypothèses, les discussions, les raisonnements, les réfutations, ou tout autre élément traditionnel du discours raisonné, transforment la télévision en radio.

Regarder la télévision ne permet pas d’apprendre grand chose et développe infiniment moins que la lecture une pensée déductive et élaborée.

Le danger de l’éducation en tant que divertissement est que les étudiants apprennent que l’apprentissage doit être une forme de divertissement et que tout ce qui vaut la peine d’être appris peut prendre la forme de divertissement, et devrait l’être.

11 – L’avertissement de Huxley

La télévision joue le mieux son rôle quand elle présente des divertissements légers mais elle nous fait le plus grand tort quand elle coopte les modes de discours sérieux et les présente sous forme de divertissement.

Seule une conscience aiguë de la structure et des effets de l’information à travers une démystification des médias offre un espoir quelconque d’arriver à contrôler dans une certaine mesure la télévision, l’ordinateur ou tout autre média.

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